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Les coups de coeur du libraire / Rien ne s’oppose à la nuit / Delphine de Vigan

- JEREMY de FNAC Thiais
Histoires de famille
Delphine de Vigan plonge dans le passé de sa mère afin d’expliquer le geste de désespoir de cette dernière… Entre biographie et notes de l’auteur sur la difficulté d’écrire sur une personne aussi proche, l’auteur nous offre un romant émouvant et touchant de vérité. Prix du roman Fnac 2011.
Ecrire sur sa mère morte après un suicide qui a mis fin à une vie dérangée, voici la tâche que s’est donné Delphine de Vigan pour ce roman.
Un travail fastidieux et moralement éprouvant pour l’auteur, et qui peut vite devenir une torture pour son lecteur, des romans aussi personnels pouvant très vite tomber dans le voyeurisme et la lamentation sans fin. La force de ce livre est d’éviter ces écueils pour nous offrir le portrait sans fard d’une femme peu à peu rongé par une maladie qui ne se voit pas.
Entre les souvenirs de l’auteur, ceux des proches et les enregistrements laissés par un grand-père soucieux de garder en mémoire le destin d’une famille moyenne des années 40, D. de Vigan va peu à peu dresser le portrait d’une femme de sa naissance à sa mort, entre les malheurs (qui seront à l’origine d’un drame familial qui s’étalera sur plusieurs décénies et de la bipolarité de l’héroïne), les petits bonheurs quotidiens, mais aussi la folie qui s’installe petit à petit, jusqu’à retirer cette femme de sa vie familiale pour l’emprisoner dans un monde sans barrière sociale.
Forcément, ce portrait n’est pas objectif, on sent la tendresse, l’empathie mais aussi la haine que l’auteur a pu ressentir envers sa mère, malgrè cela, la vision que l’on a de cette femme est universelle et peut s’appliquer à toute personne à la psychologie dite “borderline”. C’est d’ailleurs la deuxième force de ce roman: montrer de l’intèrieur la folie telle qu’elle est vécue par les proches. Bien sûr, les crises sont sujètes à interprétation pourtant c’est aussi le portrait d’une maladie aujourd’hui trop à la mode qui se dégage tout au long des pages. Une plongée dans le trouble psychique qui ne peut se terminer que mal, malgré les accalmies.
Tous les chapitres sont entrecoupés de la vision de l’auteur sur son travail: les difficultés rencontrées face aux proches et à leurs souvenirs, celles des découvertes parfois trop lourdes à gérer, les difficultés de l’écriture, celles pour ne pas laisser le fantôme d’une mère devenue héroïne de roman hanter son quotidien, celles pour continuer sa vie malgré tout, pour rester objectif et ne pas passer sous silence le moindre détail de l’histoire familiale…
Ce roman, qui n’en est pas un, est un portrait touchant, jamais larmoyant, sur le destin, la famille, la maladie, mais aussi une déclaration d’amour rédigée par une fille à sa mère.
Expo à la Maison Rouge (Pris avec Instagram à Maison Rouge (La))
Les coups de gueule du libraire / Le petit livre bleu, analyse critique et politique de la société des Schtroumpfs / Antoine Bueno

- JEREMY de FNAC Thiais
L’auteur fait une étude sociologique autour de la série des Schtroumpfs, entre étude de l’Utopie et des comportements des petits lutins bleus! La deuxième partie se concentre sur une recherche d’indices autour des questions du stalinisme et du nazisme, pas forcément indispensable…
Tiens, un coup de gueule qui a été coupdecoeurisé? Ouais, et ce n’est pas le seul, alors autant commencer par celui qui a le cul entre deux chaises!
Autant dire que cette première partie est vite mise au rebus par la deuxième (qui a fait les choux gras des journaux pendant quelques semaines (sortie du film au cinéma oblige)) qui loin d’être aussi intelligente et drôle se prend les pieds dans le tapis de “la fausse étude bâclée et assez subversive pour que tout le monde parle de mon livre”. Aïe, oui ça fait mal, très mal de voir que certains auteurs, parce qu’ils sont professeurs à Sciences-Po se permettent de dire tout et n’importe quoi sur une oeuvre aussi inoffensive que celle des schtroumpfs… Comme quoi les mauvais profs sont vraiment partout surtout dans les endroits les plus visibles…
Le problème avec ce livre c’est que l’auteur pense écrire l’unique et stricte vérité, jamais il ne se remet en question, jamais il laisse planer un doute sur la véracité de ce qu’il avance. Pour lui les schtroumpfs est vraiment une série qui mérite d’être lue que sous haute surveillance distillant des clichés qui n’existent même pas dans le monde des Schtroumpfs (le banquier est un juif rapia > il n’y a pas de religion chez les Schtroumpfs (peut-être pour la salsepareille et encore), le grand schtroumpf est un despote > il n’existe que deux références à la politique dans la série (Le schtroumpfissime où en effet on parle d’un despote, mais le grand schtroumpf est absent pendant les 5/6e de l’histoire et schtroumpf-vert et vert-schtroumpf qui sépare le village en deux suivant le langage des petits lutins et qui est une référence à la situation belge)…
Bref, bof comme livre quand même, surtout quand dans la préface on présente l’auteur comme un fan de l’univers des schtroumpfs et comme professeur émérite de Science-po Paris (il y fait quoi comme cours…?). Bref, moi j’aime pas pour paraphraser un de ces nazis communistes!
Les coups de coeur du libraire / Crépuscule / Michael Cunningham

- JEREMY de FNAC Thiais
Un roman sur la Vie, l’Art et la Beauté mais surtout sur la remise en question d’un galleriste new-yorkais, quadra marié et père qui va s’éprendre de son beau-frère de 20 ans son cadet… Une nouvelle réussite de Cunningham où ses personnages se débattent dans des costumes d’adultes trop grands pour eux. A lire!
Un livre qui commence par une citation de Rilke (le titre de la brève ci-dessus) se doit d’être aussi bon que cette même citation (et on parle de Rilke, donc promesse difficile à tenir), quand un livre a comme auteur Michael Cunningham (juste l’auteur du majestueux Les Heures, plus connu avec le film… The Hours) le lecteur s’attend aussi à un roman très très bon… Autant dire que ce livre part avec des attentes assez hautes… Et il réussit à les combler (bon peut-être pas pour le dépassement du niveau de Rilke, mais nous ne lui en tiendrons pas rigueur).
Bienvenue chez Peter, galeriste new-yorkais respecté par ses pairs, marié à une belle femme (Rebecca, éditrice d’une revue culturelle branchouille), invités pratiquement tous les soirs Downtown dans les soirées et cocktails les plus chics, habitant un loft au coeur de Soho, une fille (certes pas très jolie et en plein crise d’adolescence prolongée, mais détentrice d’un bon diplôme malgré ses envies de descente sociale). Bref, une vie que plus d’un envierait, véritable cliché de la famille bobo new-yorkaise qui a réussi dans tous les domaines… Mais, oui il y a un mais arrive Mizzi, “The Mistake”, Ethan, (tout) petit frère de Rebecca, toxico, bi, androgyne, beau comme un bronze de Rodin… Bref le grain de sable parfait pour enrouer une machine jusqu’alors bien huilée…
En effet, Peter va petit à petit tomber sous le charme de son gendre (de 20 ans son cadet), pour finalement en devenir fiévreusement amoureux, mais pourquoi un hétéro tomberait aussi soudainement amoureux d’un homme qu’il a du mal à supporter? Parce que cet être lui rappelle son frère adoré défunt (fauché parmi d’autres par l’épidémie du Sida), son corps celui de sa femme plus jeune; parce que Peter est un être très sensible à la Beauté pure et que ces trois êtres en ont été la définition humaine la plus aboutie. On va donc suivre l’évolution de son amour, mais aussi son engluement progressif dans les pièges que l’amour peut poser autour de lui…
C’est vraiment un très beau roman, qui défonce autant la figure sacro-sainte du couple parfait, que celle de l’art aujourd’hui qui à défaut d’être vraiment bon est surtout très cher et qui au lieu de s’adresser à tous ne se destine qu’à une niche de ploutocrates prêts à dépenser des sommes folles pour épater la galerie avec des oeuvres aux goûts plus que douteux… Un roman où le romantisme et la vénalité se mêlent sans compromis… Où l’érotisme d’un corps est comparé à celui d’un être disparu, où la possibilité d’un amour incestueux est d’autant plus violent que provoquer par l’annonce d’une mort prochaine… A la lecture des images surgissent aussi nettes qu’amères, à quand un film?
A lire absolument!
Les coups de coeur du libraire / Ten$ion / Die Antwoord

- JEREMY de FNAC Thiais
Le groupe déjanté de hip-hop Sud africain revient avec un nouvel album remplit de pépites! Un mélange de sonorités électro, urbaines et tribales vous fera danser d’un bout à l’autre de cet ovni musical! Die Antwoord est prêt pour la conquête mondiale!
Attention… Ovni!
Venant directement d’Afrique du Sud le trio composé de Ninja (rappeur dans le milieu “zef” depuis plus de 15 ans), Yo-Landi Vi$$er (compagne du premier) et de DJ Hi-Tek sort un deuxième album qui appuie leur position dans le monde musical mondial (c’est-à-dire outsider prêt à en découdre méchamment pour se faire une place au soleil). Mais… qu’est-ce que le… Zef??? Zef est un mouvement contre-culturel sud-africain. Le terme Zef vient de l’afrikaans, il décrit une façon de détourner et de sublimer un style de vie et des codes vestimentaires a priori ringards, beaufs ou ploucs. Bref, bonjour les gueules on a l’impression d’être face à un taulard, une folle bigotte et leur pote… heu… ben plutôt normal vu les deux premiers énergumènes… Les sons mélangent de la trance carrément 90’s et du beat hip-hop sortis des enregistrements de Snoop dans les mêmes années!
Mais en quoi c’est bon? Dans la manière dont tout est produit, avec second degrés mais professionnalisme, et pourtant avec beaucoup de coeur et de tripes, l’univers des trois, entre bizarrerie (très) inquiétante, art avant-gardiste et DIY poussé à l’extrême, les sons qui savent mêler beats et sons empruntés au Hardcore le plus agressif (bonjour The Prodigy) avec des beats et emprunts au hip-hop le plus mielleux (vraiment du Snoop), un mélange que certains ont complètement raté (aux oubliettes les “transgressions” des B.E.P) mais qu’eux ont magnifié, grâce à leur héritage multicultutrel.
Le résultat est à rapprocher d’un mélange entre Dizee Rascal (pour le côté hip-hop aux influences diverses) et M.I.A (pour la part indéniablement punk de l’ensemble)… Un premier album (SOS) sorti premièrement sur un petit label sud-africain, puis repris par CherryTree Record (Lady Gaga, LMFAO, Natalia Kills… bref, pas vraiment la came habituelle du label) pour une diffusion mondiale… Pour ce deuxième album (sur apparemment 5) ils ont repris leur liberté pour notre plus grand bonheur!
A écouter, vraiment: Never Le Nkemise 1, I Fink You Freeky, Hey Sexy, Fatty Boom BoomBaby’s On Fire, Never Le Nkemise 2
Fruit landscape #2 (Taken with Instagram at Loulou’s home)
Les coups de coeur du libraire / Chroniques du règne de Nicolas 1er/ Patrick Rambaud
- JEREMY de FNAC Thiais
Saint Simon chroniquait le règne de Louis XIV dans ses mémoires, aujourd’hui Patrick Rambaud reprend ce genre littéraire pour mettre à mal la présidence de Nicolas Sarkozy. Ici c’est la première année de ce “règne” où les premiers pions du “super-président” sont mis en place… Très politiquement incorrect!
- JEREMY de FNAC Thiais



- JEREMY de FNAC Thiais
Diplomatie à sauver!
Arthur Vlaminck est embauché dans le cabinet du ministre des Affaires Etrangères Alexandre Taillard de Vorms, véritable tornade qui donne du fil à retordre à son équipe entre ses bourdes diplomatiques, sa fâcheuse tendance à rejeter la faute sur les autres et ses changements politiques constants. Une réussite!
Une plongée en bande dessinées dans le ministère des affaires étrangères lorsque monsieur le ministre s’appelait… Dominique de Villepin! Un personnage haut en couleur, secondé par de véritables athlètes de la diplomatie (adrénaline et esprit de compétition inclus) prêts à tout pour une reconnaissance d’un ministre au-delà de toute considération sociale et humaine! Entre critique des fonctions et vérités établies sur l’emploi du temps d’un cabinet ministériel, cette BD à l’humour constant (grâce aux situations, pas ou peu de dramatisation dans ces pages) est une véritable bouffée d’air frais!
Les coups de coeur du libraire / Born To Die / Lana Del Rey

- JEREMY de FNAC Thiais
Devenue véritable icône du web 2.0 en l’espace de quelques mois, Lana Del Rey était attendue au tournant par nombres de septiques… Elle leur offre un album mêlant envolées de violons, beats hip-hop et voix envoutante de femme fatale… Un album élégant de bout en bout!
Premier album (mais deuxième sur le marché de Lizzy Grant et troisième avec un premier essai jamais commercialisé) de Lana Del Rey, jeune demoiselle venant de Lake Placid (état de New-York, donc d’à peu près nul part) qui a réveillé le web de sa torpeur estivale en plein mois de Juillet avec un clip au relents de DIY et d’Amérique vintage. Cet essai parfumé à la mélancolie et au glamour hollywoodiens a su attirer toutes les attentions sur lui… Vidéo Games a aujourd’hui été vu plus de 28 500 000 fois, pour une amatrice le chiffre est énorme. Très vite un deuxième clip (et deuxième morceau d’un EP disponible pendant quelques mois uniquement en 45 tours à… 500 exemplaires) apparaît sur le Youtube de la jeune chanteuse, Blue Jeans confirme le talent et l’esthétique de Video Games, apportant à la jeune femme une flopée de fans du monde entier, du coup un troisième morceau sort, Born To Die, mais là avec du teasing, un clip ultra-léché, tourné en partie au chateau de Fontainebleau, Lana Del Rey verrait-elle ses ambitions augmentées? En tout cas, si la critique se pâme devant la réussite du morceau, les premiers grincements de dents se font entendre face au clip, qui, il faut l’avouer, même s’il est magnifique, est tout le contraire des patchworks des débuts…
Le 30 Janvier paraît donc l’album constitué de 15 chansons et dans la semaine (voir pour certains dans la journée) c’est une avalanche de (mauvaises) critiques qui tombe comme un couperet: l’album est jugé ringard, lent, égocentrique, ultra-produit, bref c’est une arnaque offerte par une fille bizarre, stupide, en plastique, sans voix, sans sens artistique… (si vous voulez lire le pire c’est par là: http://musique.fluctuat.net/blog/51769-everybody-hates-lana-le-pire-des-critiques-de-la-presse.html), c’est violent, souvent sans lien avec la musique (ses lèvres, ah ses lèvres…), à la limite on peut se demander si au milieu de cet abattage médiatique il y a un seul critique qui a eu l’intelligence de vraiment écouter l’album… Oui les paroles sont des fois très… simples (mais n’est-ce pas le principe d’une chanson pop, allez lire les paroles des Beattles ou de Madonna, on en parle après…), oui elle doit enfiler et retirer sa robe rouge au moins cinq fois dans tout l’album, elle parle de choses qu’elle ne connaît peut-être pas vraiment (les envies de suicide et tout ça…)… Mais bon, qui la connaît vraiment?
Pour moi, cet album n’est peut être pas parfait (lequel l’est?), mais sur 15 chansons, 13 sont vraiment bonnes (ouais, carrément), 2 s’écoutent et une… avec un peu plus de mal…! Oui, c’est sur-produit (en même temps je préfère ça à des enregistrement crades et des fausses notes), oui c’est lent (en même temps on ne peut pas appelé Video Games du Up-tempo), oui, les paroles sont des clichés en boite… Mais en même temps ce sont des vrais instruments, c’est mélancolique, en l’écoutant on a des images d’Hollywood des années 30-40 qui viennent à l’esprit, c’est glamour (Born to Die) et en même temps très putassier (Off To The Race), Lana Del Rey a réussit à inclure toutes les facettes de la jeunesse désabusée des années 2000, malheureusement la vieillesse d’aujourd’hui lui fait payer très cher ce pied de nez à leurs standards dépassés…
On peut ne pas aimer le style, mais on ne peut pas renier la beauté mélancolique que le disque renferme… Pour moi c’est vraiment un coup de coeur, à voir comment elle s’en sort avec le deuxième album et si Interscope retiendra les erreurs de cet enregistrement pour sortir une suite qui calmera les critiques les plus acerbes…
A écouter d’urgence: Born to die, Blue Jeans, Video Games, National Anthem, Dark Paradise, Summertime Sadness, This is what makes us girls




